29 juin 2010

Bestiaire Nancéien. N°26

Curiosit_Où pouvez-vous voir cet aigle aux ailes déployées ?

Aigle_tombeau

Qu'est-ce que ce jeu ? Comment jouer ?

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12 juin 2010

Bestiaire Nancéien. N°11

Curiosit_ Où se trouve cet aigle armé ?

Aigle_arm_


Qu'est-ce que ce jeu ? Comment jouer ?

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08 novembre 2009

Pas de chance

Curiosit_La mort d'Eschyle

Dans l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien, l'aigle est décrit comme le plus noble et le fort de tous les oiseaux. Mais le volatile a des habitudes qui causèrent la mort d'Eschyle.
Pour tuer les tortues qu'il enlève, l'aigle les laisse en effet tomber sur un rocher où leur carapace si brise.
C'est ainsi, qu'alors qu'il sortait de sa demeure pour se mettre sous la protection des cieux, car l'oracle lui avait prédit sa mort causée par la chute d'une maison, Eschyle reçu une tortue (et sa maison !) lâchée par un aigle sur son crâne chauve que le volatile avait pris pour un rocher...

Aigle_photo

Crédit Photo : Creativity+ Timothy K Hamilton

Pas de chance...

Il ne s'agissait pas ici de l'aigle réputé pour sa vue perçante.

Lunettes_2Voir la traduction du texte de Pline l'Ancien


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01 août 2009

L'enlèvement de Ganymède

Zeus se transforme souvent pour séduire ses conquêtes. C'est sous l'apparence d'un aigle, toujours royal, qu'il est venu séduire et enlever Ganymède, un jeune berger fils de Tros, roi légendaire de Troie, pour qu'il devienne l'échanson des Dieux.

Il est intéressant de voir comment les peintres ont interprété ce mythe. On s'attend à trouver une représentation plutôt avantageuse de Ganymède : on voit par exemple chez Pierre-Paul Rubens comme chez Berthel Thorvaldsen, un jeune homme "digne" d'être enlevé par un Dieu.

Zeus_et_Ganym_de

Deux illustrations de Zeus et Ganymède
Pierre-Paul Rubens              Berthel Thorvaldsen
1611. Palais Scwharzenberg. Vienne.                1817. Musée Thorvaldsen. Copenhague.

Au contraire, Ganymède vu par Rembrandt nous emporte dans un monde bien différent. On se demande même comment Zeus, le Dieu des Dieux, a pu s'éprendre d'un amour fou pour un bambin dodu, criard comme celui-ci.

Rembrandt_ganymede

Enlèvement de Ganymède. 1635. Rembrandt. Gemäldegalerie Dresde.

Le réalisme de cette peinture contraste avec la recherche de beauté, parfois artificielle, des peintures purement mythologiques. Mais, tout humain que nous sommes, nous comprenons bien qu'un enfant enlevé par un aigle ait un visage grimaçant et se laisse aller à "faire pipi de peur" lors de son enlèvement, non ?

Que penser alors de la version suivante, où l'aigle olympien enlève une marionnette, Buratino (l'équivalent russe de Pinocchio) ?

Ganym_de_pinocchio

Igor Marakevich. (exposition "In Situ" - Kunsthistorisches Museum de Vienne,19 mai-2 Août 2009)

Cette œuvre d'Igor Makarevich parodie celle de Rembrandt avec le motif de la marionnette (récurrent dans l'oeuvre de l'artiste exposé au musée de Vienne). L'artiste n'emprunte pas seulement l'œuvre de Rembrandt : il l'occupe à sa manière...

Étonnant, non ?

Lunettes_2 Images, caricatures et parodies animales du Rapt. Philippe Bruneau. Bulletin de correspondance héllénique. 1962. Vol. 86. N° 86-1. pp. 193-228

Article intégralement en ligne

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15 juillet 2009

Jean-Baptiste Oudry, illustrateur de fables

Oudry_aigle_et_escarbot

Pour compléter les deux billets précédents, relatifs au scarabée, voici une intéressante interprétation graphique de la fable d'Esope : l'Aigle et l'escarbot.
Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) est un peintre célèbre pour ses tableaux animaliers. Les illustrations des fables de La Fontaine, inspirées de celles d'Esope, lui ont permis de développer son goût pour les dessins d'animaux.

Pour plus d'informations : site consacré à La Fontaine et à ses illustrateurs

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13 juillet 2009

L'aigle et l'escarbot : fable d'Esope

Droite_violetOn a toujours besoin d'un plus petit que soi, mais parfois, il ne peut pas vraiment nous aider.

Dans la fable d'Esope, intitulée l'Aigle et l'Escarbot (terme de vieux français qui a donné Scarabée), le Lièvre aurait certainement aimé une aide différente ! Je vous laisse juger :

L'aigle et l'escarbot

"Une aigle pourchassait un lièvre. Ce dernier comprit qu'il ne pouvait bénéficier d'aucun secours, lorsque le sort lui fournit sa seule possibilité de salut. En effet, un escarbot était apparu. Le lièvre se réfugia auprès de lui dans l'attitude du suppliant. L'escarbot lui donna confiance, et lorsqu'il vit l'aigle fondre tout près, il l'exhorta à ne pas emmener son propre suppliant. Alors l'aigle, regardant de haut la petitesse de l'escarbot dévora sous ses yeux le lièvre.

L'escarbot passa désormais sa vie à remâcher sa rancune au sujet de l'aigle, épiant sans cesse l'emplacement de ses nids. Et s'il arrivait un jour à l'aigle de pondre, l'escarbot roulait les œufs entre ses pattes en s'élevant dans les airs, et soudain, il les lâchait pour les amener à se briser au sol. À tel point que l'aigle, pourchassée de toutes parts, se réfugia auprès de Zeus, car elle est l'oiseau sacré du dieu.

L'aigle demanda à ce dernier un endroit pour établir sa ponte en sécurité. Alors Zeus lui permit de faire ses oeufs dans les plis de son vêtement, en son giron. L'escarbot, ayant vu cela, fabriqua une boulette d'excréments et se l'attacha à lui-même; parvenant en cet équipage, par le vol, jusqu'aux plis du vêtement de Zeus, il fit tomber en cet endroit même sa boulette. Alors Zeus, en voulant faire choir l'excrément par une secousse infligée au tissu, se releva, et ne se rendit pas compte qu'il faisait tomber les œufs. Depuis ce temps-là, on a coutume de dire qu'au moment même où les escarbots apparaissent dans l'année les aigles s'abstiennent de pondre. Ce 'dit' apprend à ne jamais mépriser personne, en calculant qu'il n'est point d'être aussi faible qu'il ne puisse tirer un jour vengeance de ce qu'on l'avait traîné dans la boue.

 

Lunettes_2Source : Article intégralement en ligne sur Anthropozoologica. 2001. N° 33-34.

La symbolique de l’insecte dans les fables d’Esope : quoi de plus éloignéde l’homme qu’un insecte et aussi quoi de plus semblable ? par Marie-Claude CHARPENTIER et Sylvie VILATTE

Ce qui suit est un résumé de cet article.

Analyse du récit :

La récit, dans la fable antique correspond à une construction bien déterminée, que je noterai ici en vert, qui nous fait passer du monde animal au domaine des hommes. De fait naturel, en phénomène d'anthropisation qui créent une rupture par rapport au réel, on revient ensuite à un état considéré comme normal.

L'histoire commence par un fait naturel : un aigle chasse un lièvre.

Analyses des symboles : l’aigle, animal aérien, emblème de Zeus, chasse un lièvre animal terrien, qui vit sur et dans la terre. Jusqu’ici tout est normal, même si d’emblée, le plus fort est annoncé. L’aigle est plus puissant et le lièvre n’a pas de terrier en vue ! Apparaît un scarabée bousier (l’escarbot). Jusqu’ici, rien d’anormal, le fait reste possible dans la Nature.

Mais le lièvre acculé, parle et supplie le bousier de le sauver ! On passe dans le domaine des hommes = Phénomène d’anthropisation = Rupture avec le réel. Premier phénomène invraisemblable : les animaux prennent alors des attitudes humaines et contraires à l’ordre des choses dans la Nature. Le Lièvre, proie de l’aigle, se place sous la protection d’un scarabée bousier, un insecte bien plus faible, qui intercède pour sa survie. La bonne foi et le respect des rites doit, dans l’esprit du bousier, l’emporter sur la violence animale de l’aigle. Deuxième phénomène invraisemblable : le bousier détruit systématiquement les œufs de l’aigle. Quand ? Où ? On ne le sait pas. Cette intemporalité semble mettre en péril l’espèce même de l’aigle qui n’a d’autre issue que de se réfugier auprès du Dieu des Dieux.

Retour à l’ordre naturel : Zeus, Dieu des Dieux, n’intervient que lorsque le bousier dépose sur lui sa boulette d’excrément… A partir de ce moment, tout reprend sa place : des œufs d’aigle ne peuvent rester dans le giron de Zeus, encore moins une boulette de bousier… En conséquence, les aigles ne pondront que lors des périodes d’hibernation des bousiers. 

En conclusion, l’aigle, symbole de puissance aveugle qui n’a pas reconnu le caractère sacré de l’escarbot est contraint de s’adapter à sa volonté, régie par le rythme naturel des saisons. Il sauve son espèce par défaut, parce que l’escarbot ne peut pas lui nuire en période hivernale. Le lièvre, lui, avait reconnu le pouvoir de l’escarbot. Pourquoi n’a-t-il pas été sauvé ?  Parce qu’il a voulu échappé à la Nature alors qu'il est une proie naturelle pour l'aigle… et dans toutes les fables grecques, le retour à l’ordre naturel est une nécessité !

 

Bousier

Photo : Pibloulet / certains droits réservés

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