02 janvier 2010

Le miracle de l'âne

Droite_violetL'âne est souvent considéré comme un animal servile et peu intelligent dans les bestiaires occidentaux. En revanche, à de nombreuses reprises dans la Bible et la vie des Saints, il apparaît comme un animal éclairé conscient avant les hommes (certains du moins) du caractère sacré d'un événement.

Ainsi, l'ânesse de Balaam se détourne-t-elle à trois reprises du chemin que lui imposait son maître. Elle emportait son maître vers Israël, ville qu'il avait été chargé de maudire par le roi des Moab, quand elle aperçut un ange qui la détourna. Balaam ne voyait pas l'ange, envoyé par Dieu pour le détourner de cette funeste mission, et frappa l'ânesse pour qu'elle reprenne son chemin.

Illustration par Rembrandt (1626, huile sur toile, 63 x 46,5 cm, Musée Cognacq-Jay, Paris) Source : WGA (Biblical paintings page 1)

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Devant saint Antoine de Padoue s'est produit également un miracle : alors qu'un homme ne croyait pas dans le caractère saint de l'hostie, son ânesse s'est agenouillée devant...

Détail d'une plaque de bronze de l'autel de l'église du Santo de Padoue par Donatello, (1447-50
Bronze, 57 x 123 cm, Basilica di Sant'Antonio, Padua) Source : WGA

Ane_donatello_Padoue



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26 décembre 2009

L'âne et les cigales

D_tenteUn âne ayant entendu des cigales envia leur chant si agréable. "Que mangez-vous, demanda-t-il pour avoir une si belle voix ?" "-de la rosée", rédpondirent-elles. Alors l'âne résolut de se nourrir de rosée et il mourut de faim.

De même chez les hommes ceux qui désirent des choses contre nature ne peuvent jamais les atteindre et subissent les pires malheurs.

L'âne et les cigales. Esope. Fables

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Un âne ouzbek qui se nourrit ... d'herbes !

De circonstance en cette période, à méditer ! :.)

Lunettes_2 Les fables d'Esope, présentation et traduction de Jacques Laccarrière, Espaces Libres - Albin Michel, format POche, ed. 2003

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24 décembre 2009

L'âne et le boeuf

Droite_violetDeux invités surprises de la Nativité

Ces deux animaux ne sont pas cités dans les évangiles canoniques mais ultérieurement dans des évangiles apocryphes. La première mention de l'âne et du bœuf lors de la naissance du Christ se trouve dans l'évangile du Pseudo-Mathieu qui remonte au VIe siècle. Cependant les représentations de ces deux animaux avait été utilisée auparavant dans les sarcophages paléochrétiens.

Après le mention de la naissance du Christ dans une "étable", chez Isaïe et saint Luc notamment, les animaux que l'on y trouve habituellement y ont pris place et se sont chargés de symboles.

Quoi de plus normal qu'un âne et un bœuf dans une étable, mais pourquoi ces animaux et pas d'autres ?

De l'histoire ...

Certains disent que l'âne et le bœuf, les seuls animaux que possédait le couple, ont fait le voyage avec Joseph et Marie jusqu'à Bethléem ce qu'exigeait le recensement ordonné par l'empereur romain.

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Retable Portinari, Hugo Van der Goes. Détail de la partie supérieure du volet gauche.

1476-79, huile sur bois, 253 x 586 cm, Galleria degli Uffizi, Florence (source : WGA)

... et des symboles

Le bœuf, selon saint Grégoire de Nysse, est le Juif enchaîné par la Loi, l'âne, chargé de lourds fardeaux et de vices est l'image des peuples païens et de l'idolâtrie.

Pour Saint-Ambroise, le bœuf est la figure des gentils (comprenez ici "les nations païennes), qui idolâtrent souvent le bœuf ou le taureau,  alors que l'âne obstiné représente le peuple juif qui n'a pas vu l'arrivée du Messie.

L'âne au Moyen-Âge est considéré comme entêté, paresseux et lubrique alors que le bœuf est patient, obéissant est travailleur (voir un billet antérieur à ce sujet). Dans cette optique, l'âne est alors l'image du Mal et le bœuf celle du Bien. Les artistes ont ainsi parfois donné à l'âne une attitude distraite, regardant ailleurs, mangeant ..., par rapport au bœuf tourné attentivement vers l'enfant.

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Retable Portinari, Hugo Van der Goes. Détail de la partie centrale. Joseph, l'âne et le boeuf drrière.


Lunettes_2René Grousset, "Le Boeuf et l'âne à la nativité du Christ", Mélanges d'archéologie et d'histoire, Année 1884, Volume 4, Numéro 4, pp. 334-344. Article en ligne.

Michel Pastoureau,  Les Animaux célèbres, éd. Arléa, Année 2008, pp 88-97

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23 décembre 2009

L'âne et le petit chien

D_tenteLes mêmes actes ne produisent pas toujours les mêmes effets...

L'âne était bien malheureux de voir le petit chien se faire cajoler sur les genoux de son maître, lui qui ne recevait que des coups de bâtons. Aussi, réfléchit-il... et pensa avoir trouvé une solution pour lui aussi être dorloté !

Ane_blog

(c) Publicenegy

Pour connaître la suite, lire la fable de L'âne et du petit chien, d'Esope :  l'intégralité de l'histoire.

Voir une illustration de cette fable d'Esope

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08 août 2009

L'âne sauvage de Ctésias

Droite_violetUn âne multicolore avec une corne ou Ctésias au pays des merveilles

Ctésias de Cnide, médecin grec du IVe siècle avant J.-C., passa une partie de sa vie à la cour du roi de Perse, Artaxersès. IL rédigea plusieurs ouvrages sur l'Orient, seule une partie des chapitres consacrées à la Perse et à l'Inde subsistent. Ctésias n'a jamais mis les pieds en Inde... Ces récits, repris au IXe sicèle par Photius, décrivent un monde plus imaginaire que réaliste. Les monstres y pullulent : sciapodes, cynocéphales, crocotta, et âne sauvage etc. De tous les animaux cités ici, l'"âne sauvage" vous apparaîtra certainement être le plus réel. Et pourtant. En lisant la description de Ctésias, on se rend compte que le pays des merveilles n'est pas très loin ....

Il y a dans l'Inde des ânes sauvages de la grandeur des chevaux, et même de plus grands encore. Ils ont le corps blanc, la tête couleur de pourpre, les yeux bleuâtres, une corne au front longue d'une coudée. La partie inférieure de cette corne, en partant du front et en remontant jusqu'à deux palmes, est entièrement blanche ; celle du milieu est noire ; la supérieure est pourpre, d'un beau rouge, et se termine en pointe.


Licorne__ne_sauvage
Extrait d'un Livre des Propriétés des animaux. 1566.
Conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Dis Ctésias, ce ne serait pas la description d'une licorne ?

Lunettes_2Consulter le récit de Ctésias transmis par Photius.

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26 juillet 2009

Âne dormant

Clin_d_oeil

Merci à Estelle C.
Grâce aux commentaires du dernier billet, j'ai découvert ce poème de Prévert. Il commence ainsi :

Ane_r_vant

C'est un âne qui dort
Enfants, regardez-le dormir
Ne le réveillez pas
Ne lui faites pas de blagues
Quand il ne dort pas, il est très souvent malheureux...

Pour la suite, c'est par ici ! Bonne balade dans l'Allée des mots.

Photo : Oncle Jim / certains droits réservés.

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25 juillet 2009

Bonnet d'âne

Droite_violetPourquoi l'âne depuis l'Antiquité symbolise-t-il la bêtise ?

L'âne souffre d'une mauvaise image depuis l'Antiquité, dans la tradition gréco-romaine. Comparé au cheval, il incarne la bas peuple, la bête de travail, l'obstination, le porteur de lourde charge et en plus, il est commun... alors que le cheval, monture noble est réservé au chef. Être âne est une punition : selon Platon, ceux qui se conduisent mal verront leur âme réincarnée en âne ! Midas est affublé d'oreilles d'âne pour s'être moqué de la musique d'Apollon. Or l'âne n'a pas l'oreille musicale : la fable de Phèdre "l'âne_et_la_lyre" nous l'a bien dit. L'âne est aussi réputé pour sa sexualité bestiale : il est entré en compétition avec Priape... mais a perdu. Il s'oppose dans ce cas à l'oiseau, symbole de sentimentalité.

En revanche, la tradition orientale lui fait une place tout différente : l'âne est apprécié en Palestine. Dans la Bible, il est souvent la monture du Christ (fuite en Egypte, entrée à Jérusalem) et est alors considéré comme psychopompe (guide d'âme).

La tradition gréco-romaine semble mépriser les animaux "serviteurs" et serviles comme l'âne, peut-être parce que ce dernier a commis au yeux de l'humanité une grave erreur. Les hommes avaient en effet posé un présent de Zeus, la jeunesse, sur le dos d'un âne mais il s'arrêta pour boire à une source gardée par un serpent. Le reptile demanda en échange de l'autorisation de boire, le présent que l'âne portait sur son dos... Ainsi les hommes perdirent à jamais la jeunesse éternelle alors que le serpent change de peau régulièrement.

Ane

Photo : boklm / certains droits réservés

Lunettes_2La symbolique de l'âne dans l'Antiquité, Anthropozoologica 2001, no33-34, pp. 23-28, ISSN 0761-3032

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